Les premières amours du Crapulet
Scrogn | 5 juin 2009Tout d’abord, laissez-moi vous rassurer. Non, je n’ai pas commis de fautes de français dans mon titre. Figurez-vous que le mot “amour” est masculin singulièrement puis transsexuel au pluriel. C’est comme dans la vie. Une femme n’a qu’un seul amour dans sa vie et l’homme peut avoir des maîtresses. Gasp…
Mais je suis tombée sur un os (auquel on ne rajoute pas un autre “s” lorsqu’il y en a plusieurs) l’exception qui confirme la règle (qui, au pluriel, devient une des joies ineffables de la vie féminine). Cette exception, appelons-la Cunégonde. Pourquoi “Cunégonde” ? Parce que je n’aime pas ce prénom et que ça rime avec “gironde” et que je hais mes kilos en trop et que j’écris ce que je veux. Mais qu’a donc fait la donzelle ainsi baptisée par mes soins pour s’attirer les foudres scrogneugneuses ?
Ahhhh ! Si vous saviez !
Bon, je vous raconte sans attendre vos supplications éperdues.
Le Crapulet : Maman ! Cunégonde m’a écrit un petit mot pour qu’on sorte ensemble !
Scrogn (sentant qu’un tic nerveux commence à lui chatouiller la paupière) : Ah bon ? Mais elle n’avait pas déjà un petit ami, celle-là ?
Le Crapulet (ignorant le danger) : Oui ! Elle était avec Machin mais il a déménagé le mois dernier…
Scrogn (marmonnant) : Heureux enfant !
Le Crapulet (continuant à jouer les kamikazes) : … puis elle a demandé à Truc mais il en préférait une autre…
Scrogn (grommelant de plus belle) : En voilà un de bien avisé…
Le Crapulet (aimant rigoler avec la mort) : … après, elle a voulu Chose mais il lui a dit qu’il ne l’aimait pas…
Scrogn (essayant de respirer normalement) : Au moins un qui sait ce qu’est la survie…
Le Crapulet (assignant le coup de grâce sans aucune pitié) : … pis là, c’était mon tour !
Scrogn (s’étouffant) : Gné ? Pardon ? “À ton tour” ? Mais qu’est-ce à dire ?
Le Crapulet (que presque rien n’effraie) : Ben oui : j’étais le quatrième de sa liste.
Scrogn (adepte de l’apoplexie) : QUOI ??? Mais c’est quoi, cette Cunégonde ? Elle a du caca dans les yeux, du purin dans la cervelle , du fumier dans la jugeotte, ou quoi ?
Le Crapulet : J’ai rien compris Maman…
Scrogn : Sache, mon fils, que TU-N’ES-PAS-UN-NUMÉRO !!! Non, mais, franchement ! D’abord, tu es le plus beau, charmant, intelligent, fort et adorable des enfants !
Le Crapulet : Yesss ! Devant l’Affreux Jojo et le Grumpy ? Je suis mieux qu’eux ?
Scrogn : Ben… Aarrggghhh… Je veux ma mère…. Nan… Par contre, tu es le plusss formidable des Crapulets in the world !!! Et ce n’est pas rien ! Donc, ta Cunégonde, elle peut aller prendre des cours de bon goût parce que là, ça presse en maudit! (En aparté) Quelle gamine idiote et odieuse….
Le Crapulet : Qu’est-ce que tu as dit ?
Scrogn : Rien, rien… Mais comment as-tu fait pour accepter une proposition aussi dégradante ? Quatrième ! Tu te rends compte ?
Le Crapulet : Ben… Parce qu’elle me l’a demandé ?
Scrogn : Et tu as obéi… Comme ça… Alors, pourquoi tu ne fais jamais ce que je te demande, hein ?
Le Crapulet : Parce que tu n’es pas Cunégonde ? J’ai bon, là ?
Scrogn (revêtant sans aucune pudeur ses habits de lumière hystérique) : MOUHAHAHAHAHAHA !!!!
Le Crapulet : PAPA !!! Viens vite ! Maman a encore ce rire qui me fait si peur !*
* : voir le billet d’en-dessous intitulé “On atteint le fond (de teint)”.






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