La fête des Merdes (The return of the come back)

Date 11 mai 2008

En Amérique du Nord, ce 11 mai est le jour de la fête des mères. Pis, chez nous, “fête” est synonyme d’”anniversaire”…

Le Crapulet : Bonne fête, Maman !

L’Affreux Jojo : Bonne fête Maman !

Grumpy : Agno faffa, Manman !

Scrogn : Ooooohhhhh ! Merci, mes amours !!!!

L’Affreux Jojo : Ça te fait quel âge, aujourd’hui ?

Scrogn : Ben… Euh… Ce n’est pas mon anniversaire aujourd’hui.

L’Affreux Jojo : Mais c’est la fête des mères ! Tu as des cartes, des cadeaux et même un gâteau ! Alors, tu as quel âge, aujourd’hui ?

Le Crapulet : Chuuuut ! Tu vas lui faire de la peine ! T’as pas remarqué qu’on ne mettait pas de bougies sur les gâteaux des parents ? Tu ne sais pas pourquoi ? Et bé, c’est parce qu’ils sont trop vieux ! Il n’y aurait pas assez de place sur le gâteau ! Et tu sais pourquoi ils sont BEAUCOUP plus vieux que nous ? Parce qu’ils ont plusieurs fêtes par an : leur anniversaire et la fête des mères ou des pères. À cause de ça, ils vieillissent deux fois plus vite. Tu vois ?

L’Affreux Jojo (m’évaluant du regard) : Oui, je vois…

Il serait faux de croire que je fus vexée. Le fait que les affreux n’eurent qu’un vague steak haché avec des petits pois puis une pomme en guise de repas n’est qu’un pur hasard.

 

Secret des tas

Date 28 mars 2008

Un soir de semaine d’une banalité affligeante. Scrogn pleurait dans la cuisine, Guinness beuglait dans le salon, le Crapulet hurlait comme un cochon qu’on égorge dans sa chambre, l’Affreux Jojo vociférait dans l’escalier et le Grumpy nous faisait une tentative de suicide dans la salle à manger. Normal, quoi…

Mais comme toutes bonnes choses ont une fin, je me suis décidée d’appeler mon petit monde à table, après avoir mis mes oignons, fraîchement épluchés, à suinter doucement sur le feu. Guinness a raccroché le téléphone (de toute manière, la communication était excécrable). Le Crapulet a arrêté de chanter (vous ai-je déjà dit qu’il chanteait horriblement ?). L’Affreux Jojo a continué de hurler qu’il mourrrrrrrrrrrrait de faim. Et le Grumpy a recraché son crayon Crayola.

Alors que je servais les assiettes, notre cadet s’est approché de moi.

 ”Maman, je peux te dire quelque chose ?”

” Bien sûr, mon coeur !”

Et m’agrippant l’épaule, il m’a chuchoté à l’oreille (enfin “chuchoté” à la manière de l’Affreux Jojo, c’est-à-dire avec tout plein de décibels peu discrètes) :

” La babysitter va venir samedi soir !”

Guinness a pris un air franchement navré :

” Mais, fiston, je t’avais dit que c’était un secret !”

” Ben oui ! C’est pour ça que je lui ai dit à l’oreille !”

Fidèle gastro

Date 24 février 2008

Z’avez de la chance, j’ai renoncé à mettre une photo (décidément, ma censure mon Guinness n’est point joueur). 

Le Crapulet est revenu de l’école avec une copine que je hais et que je ne connais que trop bien : la gastro-entérite. Le genre de maladie qui brise, chez les parents, le coeur en plus de le mettre au bord des lèvres (je persiste, fidèles lecteurs !).

Et en tant que géniteurs franchement en dessous de tout, nous avons, Guinness et moi, parié sur les futures victimes de notre tribu. Mon homme penchait pour moi, tandis que je donnais ma voix pour le Grumpy. Mais nous n’avions jamais envisagé la candidature de “l’Estomaqueur” (à plus d’un titre), la “Terreur des Frigos”, le “Pulvérisateur des denrées alimentaires”, connu aussi sous le nom de “Affreux Jojo”. Ce petit bonhomme a hérité, certes de mon mauvais caractère, mais aussi (et surtout ?), de l’estomac en béton armé de son Pôpa. Avec l’Affreux Jojo, l’expression “un estomac sur pattes” prend tout son sens.

Seulement, vers les deux heures du matin, je me suis retrouvée à lessiver en grand la salle de bain des enfants. L’Affreux Jojo (l’auteur du désastre, bien malgré lui) me regardait faire.

- J’ai eu mal au ventre. J’ai vomi et j’ai fait caca mais en pipi… Tout ça en même temps…

- Ce n’est pas grave, mon amour. Ce n’est pas de ta faute. Tu es malade, c’est tout ! Tu ne veux pas aller te recoucher ? Maintenant que tu es propre…

- Non… J’ai envie de… De… De..

- De ? Qu’est-ce qui te ferait plaisir, mon ange adoré ?

- Ben… Euh… Une tarte aux fraises avec plein de crème dessus. Pis en dessous, aussi !

Fidèle à lui-même…

Visiblement…

Beurk pis blurps…

De l’art ou du cochon ?

Date 13 février 2008

Oh, que j’aime la Saint-Valentin ! Une fête rien que pour nous, les amoureux. Une fête rien que pour emmerder les célibataires qui passent le reste de l’année à me narguer avec leur liberté. Ça me plaît… Ça me plaît même beaucoup…

Ce qui me plaît moins, par contre, c’est ce dégueulis généralisé de petits coeurs roses et rouges, cette vomitude dorée de cupidon. J’ai beau être quelquefois romantique par accident, trop c’est trop. Mais cette année, je n’ai pas été déçue. Non, vraiment pas…

Notre crapulet nous a rapporté ceci, de l’école :

Le premier moment de stupeur passé, le second moment de perplexité digéré, le troisième moment d’hilarité refoulé, je lui ai demandé de quoi il s’agissait.

- Ben, c’est pour la Saint-Valentin, voyons !

- Voui, j’avais espérer ne pas comprendre. Il y a un GROS coeur entre les pattes du COCHON et je vois même son bout de queue… C’est vraiment pour moi ?

- Ben oui, voyons ! Mais aussi pour Papa (voyons !). Il faut écrire un mot dans le coeur. C’est pour dire à quelqu’un qu’on l’aime. Voyons !

- Ah, d’accord (surtout, ne pas l’énerver) ! Merci pour ton magnifique cadeau ! On voit que tu as fait des efforts  et que tu as presque surmonté ton horreur de colorier. Tout ce rose… Et cet emplâtre d’orange…. Ça me touche énormément !

 Et, fantasmant déjà sur cette occasion en or de coucher (hum, hum…) par écrit nos délires conjugaux :

- Papa et Maman vont se servir de ton présent… Fais-nous confiance…

Aussi, l’orteil de mon mari avait à peine effleuré le tapis de l’entrée que je lui sautais déjà dessus (sur le mari au complet, s’entend, parce que sur son seul orteil, bof…).

- Mamour, tu ne devineras jamais !

Je vous passerai sous silence toutes les cochonneries que nous nous sommes écrits par MSN, flirtant avec le danger puisque les affreux gambadaient et se cassaient la figure autour de nous. Je vous tairai les énormes rires gras qui ont explosé dans nos gorges (pourtant déjà largement déployées) à la lecture des messages de l’autre moitié, alors que les enfants arboraient un air vaguement inquiet et surtout méprisant. Je vous cacherai notre lubricité écrite, noyée dans des hennissements rigolards au nez et à la barbe de nos petits anges démoniaques…

Finalement, ébouriffés par nos pouffements hilares, nous nous sommes décidés,  mon Guinness et moi, pour une phrase bien parlante (et nettement plus croustillante que “Je suis ton cochon, sois ma cochonne” ) à écrire sur le bedon du-dit porcelet, afin de l’afficher au fin fond de notre table de chevet.

Je me suis saisie d’un stylo…

J’ai écrit le premier mot…

Et là, mon Crapulet m’a dit :

-Ben, il était temps que tu écrives “kèkchose”, là ! Mon enseignante nous a demandé de rapporter notre dessin demain, sans faute, pour l’afficher dans le gymnase de l’école !

Oups ?

Cauchemarde

Date 22 janvier 2008

Le réveil affichait 2h43… Pas de l’après-midi (doux phantasme) mais bien du matin. J’attendais que le sommeil vienne me reprendre (mais il prenait son temps, le bougre) après avoir caressé, poussé, pincé, engueulé, griffé, frappé mon ronfleur invétéré de mari. Soudain, un bruit familier mit mes velléités de sommeil au placard (notre chambre en est largement pourvu) : BOUM !

L’habitude aurait voulu que je me ronge les sangs puis que mon petit cerveau fasse le lien de cause à effet. Ce cognement sourd a la fâcheuse tendance de se répéter, ces derniers temps. Seulement, le grand cri de détresse qui s’en suivit (une nouveauté), m’a extirpé de mon douillet- mais non moins ronflant- lit conjugal.

J’ai titubé vers la chambre de nos aînés en butant sur un jouet-qui-fait-pouic-pouic, en glissant sur le vomi du minet, en me cognant sur les murs (mais pourquoi y en a-t-il autant ?), en me fracassant le gros orteil contre la porte de l’antre-aux-monstres.

Assis dans son lit, un Crapulet en larmes tendait ses bras éplorés vers moi.

- M’man, m’man ! J’ai peur, j’ai peur, j’ai peur ! Y’a eu un GROS bruit ! On aurait dit un MONSTRE ! Je suis sûr qu’il est dans le placard.

- Non, mon amour. Dans le placard, il y a mon sommeil…

- Hein ???

- Non, je plaisantais. Tiens, je vais m’occuper du fameux bruit…

Je me suis alors dirigée vers l’Affreux Jojo qui dormait à poings fermés sur… le plancher de sa chambre. Alors que je recouchais mon cadet dans un lieu plus confortable, je me tournais vers le Crapulet :

- Tu vois, mon ange, ce n’était que ton frère qui est ENCORE tombé de son lit. Bien que je puisse partager ton point de vue sur sa qualité de monstre, je ne pense pas qu’il se soit caché dans le placard… Remarque, il arrive à rouler pas mal de monde, alors atteindre le placard…

- Hein ???

- Non, rien. Je re-plaisantais. J’ai un humour décapant au milieu de la nuit.

- M’man ?

- Voui, mon trésor ?

- Tu avais peur des bruits bizarres quand tu étais petite ?

- D’abord, je n’ai jamais été petite, mon amour. Je suis ta mère, ne l’oublie pas. Deuxio, oui, je crevais de trouille quand un truc étrange me chatouillait les tympans en pleine nuit. Mais j’avais mes petits trucs…

- Ah oui ? C’était quoi ?

- Je me terrai sous mes couvertures, quitte à m’étouffer…

- Et ?

- Je comptais jusqu’à dix puis je décomptais jusqu’à un. Jamais su pourquoi…

- Puis ?

- J’attendais que mon super réveil digital affiche 4h44 du matin. Pour moi, le danger était alors écarté.

- Oooooooooooooohhhhhhhhhhhhhh !!! Et maintenant ?

- Ta maman a beaucoup mûri. Elle est devenue raisonnable, vieille trentenaire, avec une tonne de responsabilités. Fait que…

- Ça veut dire que tu n’as plus peur ?

- Ben si. J’ai des ÉNORMES bouffées de frayeur lorsque j’entends des bruits bizarres que je n’identifie pas, en pleine nuit. Mais, maintenant j’ai des petits trucs d’adultes…

- Et c’est quoi ?

- J’envoie Papa voir ce que c’est…